Lorsque des locuteurs produisent des néologismes à l’écrit, ils peuvent utiliser des marqueurs typographiques ou linguistiques pour mettre en saillance ces derniers. Cette étude, centrée sur des néologismes dénominaux suffixés en -ien, -ique et -esque, combine une analyse de corpus et une étude expérimentale de type questionnaire en ligne afin d’examiner, d’une part, le type et la proportion de ces marqueurs et, d’autre part, leur influence sur les jugements de néologicité. En production, les locuteurs marquent environ 23 % des néologismes, principalement avec des guillemets, puis avec des motifs syntaxiques et enfin avec des commentaires. En réception, la présence de ces marqueurs (guillemets et commentaires) augmente les taux de détection des néologismes. L’identification des néologismes est influencée par le cotexte. De plus, d’autres éléments semblent expliquer les variations des jugements de néologicité, tels que le suffixe du néologisme lorsque ce dernier est morphologiquement dérivé, et l’âge des locuteurs.